Un petit somme l'après-midi, rien de tel, ça vous requinque son bonhomme. J'avais laissé la radio allumée parce que ça m'aide à ne pas trop dormir, petit truc que je
conseille parce que sinon on est crevé après et c'est pas vraiment le but. Et puis comme France-Inter n'était pas en grève, je l'écoutais. Bon, j'aurais peut-être pas dû.
J'entends des morceaux de phrases:"la lutte continue", un flic qui indique aux prisonniers comment éviter de se faire reconduire à la frontière, et une petite musique que je connais bien, celle qui
annonçait les messages sur radio Londres pendant la guerre et puis cette autre musique de "Radio Paris ment, radio Paris ment, radio Paris est allemand", mais avec comme paroles "Alliot-Marie
ment, Alliot-Marie ment, Alliot-Marie boniments".
Je me dis, tiens, une émission humoristique. Sauf que ça faisait vachement réel, et que j'ai même cru, dans mon rêve, qu'on était revenu au temps de l'occupation.
C'était une émission de Daniel Mermet. Il en profitait pour comparer les chroniques de Michel Droit des années 60 et 70 à celles de Philippe Henriot pendant la guerre.
Rien ne m'étonne de ce monsieur, je l'ai entendu aujourd'hui parler des philippines qui viennent à Paris et qui se retrouvent à faire la bonne dans des familles, comme il a dit, "bien bourgeoises".
Pauvre homme, j'ai eu l'impression qu'il allait vomir. Faut dire que passer son temps à parler de gens qu'il semble haïr ça ne doit pas être très bon pour la santé.
Curieux bonhomme, curieuse émission.
Je ne peux toutefois m'empêcher de saluer son courage. C'est vrai, critiquer avec autant de verve le pouvoir en France aujourd'hui, que n'aurait-il fait en 1942 ?