Tiens, ça y est, ils en ont trouvé un autre. Ils ont eu qu’à le cueillir, comme les champignons. Faut dire que c’est la saison et qu’il y en a un paquet. Là, c’est plutôt du genre vénéneux. Ils sévissaient en Italie à la grande époque, celle où j’y habitais. Je me souviens, ils mitraillaient les gens dans les jambes à Milan. L’année de mon départ, ils devaient en avoir gros sur la patate, ils ont enlevé et tué le président du Conseil, Aldo Moro. Comme là-bas le prolétariat est un peu borné et qu’il avait pas trop envie de faire la révolution, alors que tout le monde sait qu’on s’éclate, ils se sont cassés. En France.
Et notre arsouille national, du nom que lui donnait De Gaulle, leur a dit qu’on les laisserait tranquilles s’ils nous laissaient tranquilles. C’est pourtant pas sa jeunesse à Mitterrand, lui ça aurait plutôt été les Croix de Feu. Comme quoi les extrêmes s’attirent.
Enfin, toujours est-il, en voilà déjà deux de côté. D’abord Cesare Battisti, condamné pour deux meurtres et reconverti dans l’écriture. Lui, il avait été attrapé puis relâché et il en a profité pour fuir au Brésil où ils ont réussi à le choper. L’autre, Marina Petrella, elle s’est fait avoir bêtement à un contrôle routier. Comme quoi, les réflexes sont loin. A une certaine époque, elle n’en aurait fait qu’une bouchée de la volaille.
Et on va encore avoir droit, de la part de certains nostalgiques de leur jeunesse pseudo révolutionnaire à laquelle ils ont d’ailleurs tourné le dos, au couplet sur le respect de la parole donnée. S’il fallait écouter tous les frustrés…
Il devraient pourtant pas se plaindre ces deux-là, ils ont vécu trente ans peinard, alors que normalement ils auraient dû les passer au mitard.
Sans compter que ça me fait une rime, et quand j’en aurai cent…