Comme ils ne peuvent pas aller plus loin dans l’interdiction de fumer sauf à pousser les enfants à poursuivre en justice leurs parents fumeurs – mais ça viendra, je suis tranquille -, nos
partisans d’un monde indolore, inodore et sans saveurs ont décidé de s’en prendre aux boissons alcoolisées.
Pour le moment, ils en restent à l’évidence, ou comment engager le premier pion d’une partie d’échecs au mat programmé. Les femmes enceintes sont prévenues que l’alcool peut nuire à l’enfant.
Très bien, même si je ne rappelle pas que les mêmes aient pris autant de précautions dans leur lutte pour la liberté d’avorter. Mais bon, que la santé de l’enfant reprenne la première place
devant la liberté de la femme, pourquoi pas. A l’appui, une étude de l’INSERM qui nous indique qu’entre 700 et 3000 nouveaux-nés – admirez la précision des chiffres, qui résume à elle seule la
qualité de la recherche française – seraient concernés – on se demande bien ce que ça veut dire – par un syndrome d’alcoolisation fœtale grave. En clair, l’alcool, qui est déjà mauvais pour la
santé en général, serait a fortiori mauvais pour le fœtus. Confondant. Ils ont bien fait de faire des études.
Vous allez voir que d’ici peu ils vont rejoindre les anglais qui nous disent, avec leur sens très aigu de l’ironie, que la vie est une maladie sexuellement transmissible et 100% mortelle.
Je remarque que notre société penche de plus en plus dans le sens de l’interdiction et de la sanction. Pour notre bien, cela s’entend. Mais enfin tout de même. Et avec l’appui des masses
bêlantes, je veux parler de nos contemporains pétris des certitudes assénées par une science qui ne recule devant aucune manœuvre pour assurer sa dictature. La preuve ? Il n’est de vérité
qui ne s’accompagne de la caution d’un directeur de recherches au CNRS. Pourquoi ? Ben d’abord parce que, tout mauvais qu’ils soient, il n’y a qu’eux en France. Ensuite parce que ça permet
de partir sur des postulats dits scientifiques. Et qui dit postulat dit impossibilité de démontrer et donc dogme.
Du coup, la science a le même rôle d’obscurantisme que la religion pouvait l’avoir à la Renaissance. Et c’est elle qui nous enlèvera, une à une, toutes nos libertés. Pour notre bien, je sais.
Comme l’Inquisition.
En attendant ces beaux jours, je vais m’en fumer une, boire un coup, et je les emmerde. Métaphoriquement, cela va de soi.