Ben oui, on bosse pas le 15 août. J’suis un bon chrétien, moi. Et un bon français, ce qui me permet de profiter pleinement et en bonne conscience des jours de
congés.
Pour l’assomption, j’ai dû expliquer à ma fille ce que ça voulait dire. Que Marie était montée directement au ciel sans passer par la case décès. Elle a un peu de
mal, mais comme je lui ai dis, si Dieu est capable de créer la terre, le ciel, les animaux et, ce qui m’inquiète un peu, l’homme à son image, il est bien capable de faire ça.
Y-en a qu’un qui me gêne, surtout depuis deux ans, c’est le 1er mai. Je sais pas quoi faire ce jour-là, ni quoi penser. La fête du travail, on n’a pas idée. La fête, c’est justement quand on travaille pas. Et pourquoi pas une fête de la maladie ? Je note tout de même que pour mieux fêter le travail on en a fait un jour chômé. C’est donc bien un truc de faux-cul. C’est comme si le 8 mai je défilais en vert-de-gris sur les Champs-Élysées avec une croix gammée sur le bras.
De toutes manières, le travail n’est pas une occupation très saine. La preuve, c’est que ça fatigue. D’ailleurs, regardez les gens en vacances, ils sont bien plus heureux. Non, le travail c’est tout au plus un moyen pour gagner l’argent, l’estime, le pouvoir, est-ce que je sais moi. Pour gagner ce qu’on n’a pas. Mais donnez aux gens ce qu’ils veulent, et vous en verrez plus beaucoup bosser. Enfin, ce que j’appelle bosser, parce que là encore faudrait s’entendre. Nos responsables sont surtout d’accord pour faire bosser les autres, mais j’ai remarqué que les métiers qu’ils proposaient étaient toujours plus fatigants. Mais allez travailler dans le BTP, la restauration, l’aide à domicile, ils embauchent. Tu m’étonnes. Comme disait Sacha Guitry, il n’y a pas de sot métier mais il y a ceux qu’on laisse aux autres.
Ça me fait penser à un prof au Cnam en organisation. Son grand truc, et il en était fier, c’est d’expliquer que le plus souvent le client détient la solution et que lui n’est là, comme professionnel, que pour le rassurer et aller, avec les termes adéquats, dans son sens. Moyennant une injuste et préalable rémunération. Moi, j’appelle ça de l’escroquerie, mais fait à ce niveau, ça devient de l’art. Alors, chapeau l’artiste.
A propos d’artiste, commémorer les trente ans de la mort d’Elvis m’a fait penser que notre Johnny national était toujours vivant. Ça m’a foutu un coup.