Je bois doucement
Pour que l’ivresse dure longtemps
Pour ce parfum de liberté
Qui vient violer mon intimité
Je bois pour m’échapper
Dans un léger glissement
Et par petites gorgées
De cette médiocrité que je vis mollement
Je bois à ce vin blanc
Dans ce verre transparent
Qui trahit mes pensées
Aux paroles qui coulent comme si elles me fuyaient
Aux fantasmes solitaires
Aux femmes qu’on veut baiser
Aux miroirs déformés qui trahissent l’envie
Au temps qui galope sans aucune pitié
A la rosée du matin qui se transforme en pluie
Je bois pour me griser de mots inutiles
Je bois aux rêves fragiles que je sais déjà loin
Aux réveils douloureux
A la peur du lendemain
A l’angoisse du sommeil après un soir d’été
Je voudrais tant rester là
Assis près de moi au bord de la réalité
Revoir sourire encore les ombres du passé
Et pour la dernière fois pouvoir les renier
Je veux boire encore et ne plus dessaouler
Traverser mon temps jusqu’à en crever
Voir partir mon âme sous un ailleurs meilleur
Et vomir cette vie qui ne me fait plus peur