Cheminot, cheminot… ça m’inspire pas trop, ça. A peine plus que les étudiants. Et encore, avec étudiant, il y a diant, diant, ou alors allemand, ou feignant. Avec cheminot, on passe aux rimes en
o. Et là, c’est pas qu’il en manque, mais c’est le son qu’est pas joli. Ou alors, on tombe dans l’emphatique.
« Ô cheminot, tu es... ». Et là on a le choix : gaucho, trotsko, coco. Trop aussi, avec du coup une rime d’jeun’s. Faut quand même essayer d’être dans le coup à défaut
d’avancer.
« Ô cheminot, vas’y, t’es trop »
D’ailleurs, je m’y perds un peu, on dit vas’y ou zyva ? Tout ça me fait penser au dictionnaire, je sais plus lequel, qui a mis rebeu, ou un truc comme ça – je suis pas trop sûr pour
l’orthographe – dans ses nouveaux mots. C’est du verlan, paraît-il. Bon. Ça veut dire beur. Mot qui lui-même vient d’arabe. Faudra quand même qu’ils m’expliquent pourquoi en faisant deux fois
l’envers on ne revient pas au mot d’origine. Ces gens ont toutes les audaces.
Vous inquiétez pas, je ne perds pas de vue nos cheminots, de toutes façons ils bougent pas. Donc, j’y reviens. Et j’ajoute un deuxième vers, tout en restant dans le mouv’ :
« Ô cheminot, vas’y, t’es trop
Comment tu les niques les parigauds »
C’est pas encore « La légende des siècles », mais ça prend forme. Bon, qu’est-ce qu’ils font d’autre, les cheminots. Ah, oui, ils parlent ! Ils n’arrêtent pas alors qu’on leur
demande rien. Curieux, chez les cheminots, cette manie de la contradiction. J’en ai entendu un aujourd’hui, il disait que s’il faisait grève c’était aussi pour que les trente sept ans et demi de
cotisations avant d’avoir droit à une retraite soient pour le privé. Bon, on verra, mais je suis pas sûr qu’ils continuent la grève s’ils n’obtiennent gain de cause que pour eux.
« Ô cheminot, vas’y, t’es trop
Comment tu les niques les parigauds
Mais en fait quand même pas trop
On n’est pas tous des gogos »
Bon, pour le rythme j’hésite entre le slam avec en fond un train qui roule ou un rap tout bête.
Voilà, plus qu’à déposer à la SACEM.